Le tableau volé | Film complet | ARTE Cinema

U n film disponible jusqu'au 08/05/2026 Un commissaire-priseur parisien est chargé d’expertiser une œuvre d’art spoliée par les nazis, que l’on croyait perdue. Avec un Alex Lutz aussi odieux qu’attachant, Léa Drucker, Nora Hamzawi et Louise Chevillotte, une irrésistible satire du marché de l’art signée Pascal Bonitzer. Commissaire-priseur officiant chez Scottie’s, une prestigieuse maison de vente parisienne, le redoutable André Masson ("comme le peintre") se voit confier un cas qui le laisse d’abord sceptique: quelque part du côté de Mulhouse, un mystérieux tableau du peintre expressionniste Egon Schiele aurait refait surface dans un pavillon en viager dont l’occupant nonagénaire a passé l’arme à gauche. Contacté par l’avocate du nouveau détenteur de la maison (et de la toile), un jeune ouvrier chimiste tout à fait étranger au monde de la peinture, André est chargé d’authentifier le chef-d’œuvre putatif et d’en évaluer la valeur marchande – assisté de son ex-femme Bertina, spécialiste en œuvres d’art, et d’Aurore, stagiaire culottée aux penchants mythomanes. Contre toute attente, il s’avère que le Schiele est un vrai ; mais la toile, spoliée par les nazis à son propriétaire juif, doit être restituée à ses ayants droit légitimes, qui vivent aux États-Unis. Pour ne pas laisser échapper une vente qui s’annonce historique, André devra déployer tactique, discrétion et doigté… Mensonge et fausses politesses C’est une histoire vraie des plus rocambolesques – la redécouverte fortuite à Mulhouse des Tournesols d’Egon Schiele, toile vendue ensuite aux enchères pour une somme record en 2006 –, qui a inspiré à Pascal Bonitzer cette savoureuse satire du milieu des marchands d’art. Un monde feutré de mensonge et de fausses politesses, où l’œuvre importe moins que le décorum qui l’entoure. Le réalisateur et scénariste de Cherchez Hortense ou de Tout de suite maintenant confirme son talent de portraitiste au regard acerbe mais jamais cynique, et son chic pour croquer en quelques traits bien sentis et répliques cinglantes les caractères de ses personnages: tous, même les plus odieux, ont une attachante profondeur. "J’ai l’habitude d’être haï, ça fait du bien aux neurones", raille ainsi l’imbuvable André devant sa stagiaire, avant de laisser cette dernière lui sauver la mise. L’intrigue donne aussi l’occasion de confronter le parisianisme bourgeois à la simplicité sans chichis d’une classe ouvrière de province. Le tout servi par une impeccable brochette d’acteurs – Alex Lutz, Léa Drucker, Nora Hamzawi et Louise Chevillotte en tête, sans oublier Arcadi Radeff, le jeune ouvrier, ou un irrésistible Alain Chamfort en père désabusé. Film de Pascal Bonitzer (France, 2023, 1h31mn)